Hanche

Anatomie et physiopathologie

Les ischio-jambiers (biceps fémoral, semi-tendineux, semi-membraneux) s'insèrent sur la tubérosité ischiatique. Cette zone est soumise à d'importantes forces de traction lors de la course, notamment en phase de propulsion. La tendinopathie se développe à l'insertion osseuse (enthésopathie), avec dégénérescence du collagène et néovascularisation douloureuse.

Point clé : La TPIJ est particulièrement fréquente chez les coureurs pratiquant des entraînements avec côtes et chez les sportifs ayant augmenté brutalement leur volume d'entraînement.

Facteurs biomécaniques

Un overstriding (atterrissage du pied trop loin devant le centre de gravité) augmente la tension excentrique sur les ischio-jambiers lors de la phase de balancement. Une hyperpronation associée génère une rotation interne du membre inférieur qui modifie les contraintes sur l'insertion ischiatique. Un gait retraining ciblé (réduction du pas, augmentation de la cadence) est une composante essentielle du traitement.

Présentation clinique

Douleur profonde de la fesse (tubérosité ischiatique), aggravée par la position assise prolongée (surtout sur surface dure), la montée d'escaliers, la course rapide. La palpation directe de la tubérosité ischiatique est exquise. Le test de Puranen-Orava (flexion de hanche debout genou en extension) reproduit la douleur.

Traitement podologique et de gait retraining

Analyse vidéo de la foulée : mesure de la longueur de pas, de la cadence, de l'angle de flexion de hanche en appui. Réduction de l'overstriding par augmentation de la cadence de 5 à 10%. Semelles orthopédiques si hyperpronation associée. Coussin spécifique (donut) pour soulager la pression en position assise.

Protocole de charge progressive

Exercices isométriques initiaux (bridge, nordic curl statique), puis isotoniques excentriques à vitesse lente (nordic hamstring curl), puis pliométrie et reprise progressive de la course. Durée : 12 à 16 semaines pour une forme chronique.

⚠ Attention : L'injection de PRP ou de corticoïdes directement dans le tendon proximal est techniquement complexe (nerf sciatique proximal) et nécessite un guidage échographique par un praticien expérimenté.

Comment différencier une TPIJ d'une sciatique ?

La sciatique irradie en dessous du genou, souvent avec des paresthésies. La TPIJ reste localisée à la fesse haute, sans irradiation distale au genou. Le test neurodynamique (SLR) est positif dans la sciatique, négatif dans la TPIJ.

La TPIJ peut-elle guérir sans chirurgie ?

Oui, dans l'immense majorité des cas (>90%) avec un traitement conservateur bien conduit sur 3 à 6 mois.

Références scientifiques

  1. [1] Goom TS et al. 2016 Proximal hamstring tendinopathy. JOSPT.
  2. [2] Degen RM. 2019 Proximal hamstring tendinopathy. Curr Rev Musculoskelet Med.
  3. [3] Askling CM et al. 2013 Acute hamstring injuries. Br J Sports Med.
MA
Mickael Muny Alexandre — Podologue D.E., Master 3MH
Cabinet Paris 5e · Spécialisé en biomécanique, pathologies sportives et semelles orthopédiques sur-mesure.

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