20 %Des adultes présentent un pied plat
95 %Des nourrissons naissent avec une voûte plate
6 ansÂge moyen de structuration de la voûte

Définition et classification

On distingue deux grandes formes de pied plat [1] :

  • Pied plat flexible : la voûte se reconstitue en décharge ou sur la pointe des pieds. Il correspond à une laxité ligamentaire excessive. C'est la forme la plus fréquente, souvent physiologique chez l'enfant.
  • Pied plat rigide : la voûte reste effondrée même en décharge. Il évoque une pathologie osseuse (coalition tarsienne, pied plat congénital), musculaire (rétraction du triceps sural) ou neurologique. Une évaluation médicale spécialisée est indispensable.

Développement physiologique de la voûte chez l'enfant

La voûte plantaire n'est pas présente à la naissance : les nourrissons ont physiologiquement un pied plat en raison du tissu adipeux sous-plantaire qui comble l'arche. La voûte se structure progressivement entre 3 et 8 ans, sous l'effet du développement musculaire et de la marche [2].

Un pied plat persistant après 8–10 ans, ou douloureux, justifie une consultation podologique. En dehors de ce contexte, la majorité des pieds plats flexibles de l'enfant sont physiologiques et ne nécessitent pas de traitement systématique.

Point clé : Le pied plat flexible et indolore chez l'enfant est physiologique jusqu'à 6–8 ans. Les semelles orthopédiques ne sont pas indiquées de manière systématique — leur prescription repose sur l'existence de symptômes ou d'un retentissement fonctionnel documenté.

Mécanismes biomécaniques

Rôle du tendon tibial postérieur

Le muscle tibial postérieur est le principal soutien actif de la voûte plantaire longitudinale. Son tendon passe en arrière de la malléole interne et s'insère sur le scaphoïde tarsien et les cunéiformes. Une insuffisance ou rupture du tibial postérieur est la cause la plus fréquente de pied plat acquis de l'adulte [3].

Hyperpronation et chaîne cinématique

L'effondrement de la voûte s'accompagne d'une hyperpronation de l'arrière-pied (valgus calcanéen) et d'une rotation interne du tibia. Cette rotation se transmet au genou et à la hanche, générant des contraintes anormales sur l'ensemble du membre inférieur et expliquant l'association fréquente avec le syndrome rotulien, la fasciite plantaire et les gonalgies [4].

Conséquences cliniques

Le pied plat symptomatique peut générer :

  • Douleurs de la face interne de la cheville (tendon tibial postérieur)
  • Fasciite plantaire par étirement chronique du fascia
  • Métatarsalgies de transfert
  • Syndrome rotulien et douleurs de genou
  • Tendinite du tendon d'Achille par modification de la biomécanique du pied
  • Fatigue musculaire des membres inférieurs à l'effort

Traitement podologique

Semelles orthopédiques

Les orthèses plantaires constituent le traitement de première intention du pied plat symptomatique. Leur objectif est de soutenir la voûte longitudinale interne et de corriger le valgus de l'arrière-pied pour normaliser la biomécanique du membre inférieur. La littérature démontre leur efficacité pour réduire la douleur et améliorer la fonction chez l'adulte [5,6].

L'orthèse est fabriquée sur mesure à partir d'un scan 3D ou d'une empreinte dynamique, permettant de s'adapter précisément à la morphologie du pied et au type de chaussage.

Renforcement musculaire associé

Le renforcement du tibial postérieur et des intrinsèques du pied (abducteur de l'hallux, court fléchisseur plantaire) complète efficacement l'action de l'orthèse. Des exercices de montées sur la pointe des pieds en unipodal et d'exercices podaux spécifiques permettent de renforcer les structures actives de la voûte [7].

Conseils de chaussage

  • Chaussures avec bon maintien de l'arrière-pied (contrefort ferme)
  • Semelle d'usure légèrement surélevée au bord interne (anti-pronation)
  • Éviter les chaussures trop souples ou les tongs sans maintien
  • Chaussures de sport avec support métatarsien pour les activités à impact

Attention : Un pied plat rigide, douloureux ou d'apparition récente chez l'adulte doit bénéficier d'un bilan radiologique pour éliminer une rupture du tendon tibial postérieur ou une arthrite sous-talienne. Ces formes peuvent nécessiter une prise en charge chirurgicale.

Références scientifiques

  1. Mosca V.S. Flexible flatfoot in children and adolescents. Journal of Children's Orthopaedics, 2010 · 4(2) : 107–121
  2. Pfeiffer M. et al. Prevalence of flat foot in preschool-aged children. Pediatrics, 2006 · 118(2) : 634–639
  3. Johnson K.A., Strom D.E. Tibialis posterior tendon dysfunction. Clinical Orthopaedics and Related Research, 1989 · 239 : 196–206
  4. Menz H.B., Dufour A.B., Riskowski J.L. Association of planus foot posture and pronated foot function with foot pain. Arthritis Care & Research, 2013 · 65(12) : 1991–1999
  5. Hawke F. et al. Custom-made foot orthoses for the treatment of foot pain. Cochrane Database Syst Rev, 2008 · (3) : CD006801
  6. Landorf K.B., Keenan A.M., Herbert R.D. Effectiveness of foot orthoses to treat plantar fasciitis. Arch Intern Med, 2006 · 166(12) : 1305–1310
  7. Headlee D.L. et al. Fatigue of the plantar intrinsic foot muscles increases navicular drop. JOSPT, 2008 · 38(9) : 536–540
  8. Nix S.E., Vicenzino B.T., Collins N.J. Characteristics of foot structure and footwear associated with hallux valgus. JFAR, 2012 · 5(1) : 23
  9. Bonanno D.R. et al. Effectiveness of foot orthoses and shock-absorbing insoles for the prevention of injury. BJSM, 2017 · 51(2) : 86–96
  10. Rathleff M.S. et al. High-load strength training improves outcome in patients with plantar fasciitis. SJMSS, 2015 · 25(3) : e292–e300

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