Sportif

Physiopathologie

Le terme 'shin splints' regroupe en réalité deux entités anatomiques : le Medial Tibial Stress Syndrome (MTSS) — stress périosté de la face médio-postérieure du tibia — et la fracture de stress tibiale (plus grave, requérant une décharge stricte). Le MTSS touche 13 à 17 % des coureurs et jusqu'à 35 % des recrues militaires.

Point clé : La distinction entre périostite et fracture de stress est clinique et radiologique. Une douleur ponctuelle reproductible à la pression sur moins de 5 cm oriente vers la fracture. L'IRM ou la scintigraphie permettent le diagnostic de certitude.

Rôle de l'hyperpronation

L'hyperpronation sous-talienne entraîne une rotation tibiale interne répétée à chaque appui. Cette rotation crée des forces de torsion sur le périoste tibial médial, où s'insèrent les muscles soléaire et tibial postérieur. La traction répétée lors des milliers d'appuis quotidiens provoque une réaction inflammatoire périostée.

Facteurs de risque

Outre l'hyperpronation, les principaux facteurs sont : augmentation trop rapide du kilométrage (ratio ACWR > 1,3), surface dure, chaussures amorties insuffisamment, brièveté du triceps sural, faiblesse des muscles stabilisateurs de la cheville. La femme est plus touchée que l'homme (ratio 2:1), avec une composante hormonale et une densité osseuse inférieure.

Traitement podologique

La correction de l'hyperpronation par orthèse plantaire est l'intervention podologique de référence. Plusieurs études randomisées montrent une réduction du temps de retour au sport de 30 à 50 % avec des orthèses personnalisées. En phase aiguë, la réduction du kilométrage de 50 % et la correction du chaussage sont prioritaires.

⚠ Attention : Une périostite tibiale récidivante malgré un traitement bien conduit doit faire rechercher une fracture de stress (IRM) ou un syndrome des loges chronique d'effort (manométrie).

Questions fréquentes

Peut-on continuer à courir avec une périostite ?

En phase aiguë : non. Après 72 heures sans douleur au repos, une reprise progressive sur surfaces souples est possible. Règle des 10 % : ne jamais augmenter le volume de plus de 10 % par semaine.

Les chaussures peuvent-elles causer une périostite ?

Oui. Des chaussures trop usées, trop rigides, ou inadaptées à la morphologie du pied peuvent contribuer. Un bilan gait analyse avec chaussures actuelles est indispensable.

Références scientifiques

  1. [1] Moen MH et al. Medial tibial stress syndrome. Sports Med. 2009;39(7):523-46.
  2. [2] Galbraith RM, Lavallee ME. Medial tibial stress syndrome. Curr Rev Musculoskelet Med. 2009;2(3):127-33.
  3. [3] Newman P et al. Risk factors associated with medial tibial stress syndrome in runners: a systematic review. Open Access J Sports Med. 2013;4:229-41.
  4. [4] Couture CJ, Karlson KA. Tibial stress injuries. Phys Sportsmed. 2002;30(6):29-36.
  5. [5] Reinking MF. Exercise-related leg pain in female collegiate athletes. Am J Sports Med. 2006;34(8):1380-5.
  6. [6] Hamstra-Wright KL et al. Risk factors for medial tibial stress syndrome. Br J Sports Med. 2015;49(6):362-9.
  7. [7] Schwellnus MP et al. Aetiology of medial tibial stress syndrome. J Sci Med Sport. 2004;7(3):361-8.
  8. [8] Reshef N, Guelich DR. Medial tibial stress syndrome. Clin Sports Med. 2012;31(2):273-90.
MA
Mickael Muny Alexandre — Podologue D.E., Master 3MH
Cabinet Paris 5e · Spécialisé en biomécanique, pathologies sportives et semelles orthopédiques sur-mesure.

Vous présentez ces symptômes ?

Un bilan podologique complet permet d'identifier l'origine biomécanique de votre douleur et de proposer une prise en charge adaptée.

Prendre rendez-vous →