Pied

Anatomie et classification

L'os naviculaire est le pivot de l'arche médiale. Un os accessoire peut s'y adjoindre, classifié en 3 types selon Geist : Type I (sésamoïde libre dans le tendon tibial postérieur), Type II (synchondrose fibreuse ou cartilagineuse avec le naviculaire, le plus symptomatique), Type III (naviculaire cornué, fusion osseuse). Le tendon tibial postérieur s'insère partiellement sur cet os accessoire.

Point clé : L'ONA de type II est la principale source de douleurs : la synchondrose subit des microtraumatismes répétés à la marche et en sport, surtout lors des mouvements d'éversion du pied.

Facteurs déclenchants

Traumatisme direct (torsion du pied), port de chaussures trop étroites comprimant la proéminence médiale, pratique sportive intense (danse, foot, course), pied plat valgus (tension accrue sur le tendon tibial postérieur). La puberté est une période critique car la synchondrose est encore immature.

Symptômes et diagnostic

Douleur et tuméfaction en dedans du pied, au niveau de la proéminence interne du naviculaire. Aggravées à la course, à la danse, et à la pression du bord interne de la chaussure. La radiographie de face confirme la présence et le type. L'IRM ou la scintigraphie objectivent l'inflammation de la synchondrose.

Traitement podologique

Semelles orthopédiques : soutien de l'arche longitudinale médiale (réduisant la tension sur le tibial postérieur), décharge locale de la proéminence naviculaire (évidement à ce niveau dans la semelle), correction de l'hyperpronation. Conseil chaussure : bord médial souple ou élargi, pas de couture en regard de la proéminence. Ces mesures soulagent 70-80% des patients en 3-6 mois.

Traitement complémentaire et chirurgical

Immobilisation temporaire en botte plâtrée dans les formes aiguës chez l'adolescent. Infiltration cortisonique de la synchondrose sous échographie. En cas d'échec (20-30%), excision chirurgicale de l'os accessoire et réinsertion du tibial postérieur (procédure de Kidner modifiée) avec d'excellents résultats.

L'os naviculaire accessoire disparaît-il avec l'âge ?

Non, il ne résorbe pas. Mais dans la majorité des cas, les douleurs s'améliorent spontanément à la fin de la croissance (18-20 ans) si elles sont bien prises en charge.

La chirurgie laisse-t-elle des séquelles ?

Rarement. L'excision simple de l'os accessoire laisse une cicatrice discrète et les résultats fonctionnels sont excellents dans 85 à 95% des cas, avec reprise du sport en 3-4 mois.

Références scientifiques

  1. [1] Kiter E et al. 1999 Treatment of the painful accessory navicular. Foot Ankle Int.
  2. [2] Chiu NT et al. 1995 Bone scintigraphy in accessory navicular bone. J Foot Ankle Surg.
  3. [3] Leonard ZC et al. 2007 Kidner procedure for symptomatic accessory navicular. CORR.
MA
Mickael Muny Alexandre — Podologue D.E., Master 3MH
Cabinet Paris 5e · Spécialisé en biomécanique, pathologies sportives et semelles orthopédiques sur-mesure.

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